Destins uniques, destin commun

 

Message à ceux qui cauchemardent à propos de l’immigration

D’ici à 2050, nous serons aux alentours de 10 milliards sur la planète. Les effets du réchauffement, de la fonte des glaciers de l’Himalaya, de l’infertilité des sols et autres joyeusetés lanceront sur les routes, selon les estimations, environ 150 millions de migrants climatiques.
Aujourd’hui, les pays de “l’Union” Européenne s’écharpent pour savoir qui va bien pouvoir accueillir 54 migrants.

54 migrants. Ce serait drôle si ce n’était pas si triste.

Mais avant de parler de l’avenir sombre qui nous attend, évoquons le passé pour comprendre à quel point ce phénomène est banal. Survol historique.

Il y a 200 000 ans, Homo sapiens quitte l’Afrique pour conquérir le monde : Europe, Asie, puis le premier exploit technique, la conquête par les mers de l’Australie. L’Amérique suivra et sera totalement envahie par nos ancêtres en seulement
3 000 ans.

Grâce à ses capacités d’adaptions époustouflantes, Homo Sapiens s’installe indifféremment dans les jungles équatoriales, les chaînes de montagnes, les déserts arides, écrasant tout sur son passage, notamment la plupart des espèces de la mégafaune. Écocides et génocides rythment son expansion.

Jamais, ensuite, malgré la sédentarisation liée à l’agriculture, les hommes n’ont cessé de se déplacer, de plus en plus nombreux, de plus en plus facilement aux quatre coins du monde.

Des pionniers qui se lançaient à l’aventure aux Erasmus d’aujourd’hui, en passant par les boat-people, les Conquistadors, les marchands de la route de la Soie, les juifs en exode, les Croisés du Moyen-Âge ou ceux qui partaient vivre le “rêve américain”, les humains se sont toujours déplacés, que ce soit par choix ou sous la contrainte.

A Nantes par exemple, les premières preuves d’installation remontent à 4000 ans. Et les premiers habitants venaient de… la péninsule ibérique. Ce seront ensuite les Gaulois, puis les Romains, les Francs, les Bretons et les Vikings. Ensuite, des siècles d’alternance entre États de Bretagne, Royaume de France et Duché d’Anjou.
La France unifiée, ce sera ensuite la période du commerce triangulaire et des déplacements de population d’esclaves d’Afrique et de colons vers le Nouveau-Monde.

Avec la Révolution industrielle, l’immigration de travail commence, locale d’abord (Bretagne, Anjou, Vendée), ou encore d’Acadiens, chassés d’Amérique.

Ensuite (élargissons à la France), viendront des Belges, des Piémontais, des Suisses, des Espagnols, des Portugais et des Allemands entre 1850 et 1900. Les Italiens, les plus nombreux, sont 300 000 au tournant du XXe siècle. On compte aussi de nombreux juifs fuyant les pogroms polonais, des Kabyles, des Arméniens.

Dans l’entre-deux-guerres, aux populations précédentes qui continuent d’affluer, s’ajoutent celles venues des colonies, Maghrébins et peuples d’Afrique Noire, qui avait donnés tant de leurs fils pendant la guerre (600 000 tirailleurs Sénégalais par exemple), les Tonkinois d’Indochine, des Tchécoslovaques et des Russes, réfugiés politiques.

Après la guerre, la priorité est à la reconstruction du pays, qui a besoin de main d’œuvre. Pour aider dans cette tâche immense, viendront encore des Arabes, des Ibériques, des Sub-Sahariens, des Turcs. Etc, etc, etc…

Venus toujours d’un peu plus loin, toujours un peu plus différents, mais tellement les mêmes.
C’est ça la France. C’est ça le monde. C’est ça Homo Sapiens.

C’est comme ça partout et de tout temps. Et peut-être encore un peu plus ici qu’ailleurs. C’est notre Histoire et notre patrimoine.

Depuis leur apparition, les hommes vont et viennent. Partent et reviennent. Fuient la faim et la peur, la misère ou la guerre. Certains prennent le large, d’autres préfèrent rester ancrés près de leurs racines.

Ça ne s’arrêtera pas, c’est une certitude. Le phénomène va même prendre une ampleur inédite dans les décennies à venir. Aucune loi, aucun mur, aucune armée ne pourra l’empêcher.

Destins uniques, destin commun.

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