Galilée et Marlène Schiappa sont dans un bateau

Le plus fou dans cette histoire

Depuis deux jours, tout le monde hallucine de voir que le gouvernement envoie Marlène Schiappa sur le plateau d’Hanouna pour “faire participer” ses fanzouzes au “grand débat” censé nous sortir de l’impasse politique actuelle.

La secrétaire d’Etat, promue “ministre” pour l’occasion, crie au mépris de classe devant les sénateurs. Elle qui vantait il y a quelques jours à peine les “premiers de cordée”.
Elle qui fait partie d’un gouvernement dont le mépris de classe est la signature.

Pour se défendre, la voilà qui se compare à l’immense Galilée, qui découvrit seul les satellites de Jupiter, les phases de la Lune ou les étoiles de la Voie Lactée, grâce à des instruments astronomiques de son invention.
“Il était seul à dire que la Terre était ronde”, nous lance Marlène Schiappa chez les Grandes Gueules sur RMC, émission intello s’il en est. La crème de la crème.

On tombe là en plein dans ce qu’Emmanuel Todd appelle les “crétins éduqués”. Ces gens qui se croient au-dessus de la mêlée sur le plan intellectuel, mais qui ne font que des mauvais choix et empilent les sottises à longueur de journée.

Petit rappel historique pour madame Schiappa :

– Christophe Colomb rejoint l’Amérique en bateau, par l’Est, en 1492
– Vasco de Gama rejoint les Indes, par l’Ouest, en 1498
– Magellan fait le tour du monde en 1522.

A ce stade, tout le monde, Église y compris, sait que la Terre est ronde.

Nicolas Copernic, l’année de sa mort (1543), remet en cause la Bible et la théorie de l’héliocentrisme, non prouvée scientifiquement : la Terre n’est pas le centre de l’Univers. Elle tourne sur elle-même et autour du Soleil, comme les autres planètes.

Galilée va prouver cette théorie (déclarée hérétique en 1616 par l’Église) grâce aux trois lois de Kepler, aux observations astronomiques et aux principes mécaniques, dans un livre majeur publié en 1632 : “Dialogue sur les deux grands systèmes du monde”.

C’est pour ça – hérétisme – qu’il fut jugé et condamné en 1616, 1632 et 1633. Rien à voir avec la Terre plate. Lors de son dernier procès, usé et fatigué, il préfère reconnaître publiquement son erreur, jurant s’être trompé. Il aurait tout de même eu cette phrase restée dans l’Histoire (sûrement un détail sexy rajouté plus tard) : “Et pourtant, elle tourne”.

Il ne sera réhabilité par l’Église qu’en… 1992, par le pape Jean-Paul II.

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