L’avenir est à Shanghai

Il est très significatif que ni notre classe politique ni les médias n’aient commenté le bouleversement politique majeur que vient de connaître l’Eurasie.

Le 6 juin dernier, l’Inde et le Pakistan ont participé pour la première fois à une rencontre de l’Organisation de Coopération de Shanghai, dont ils sont devenus membres officiellement il y a un an. La réunion se tenait à Astana, au Kazakhstan. Le président russe et le président chinois s’étaient déplacés pour l’occasion.
L’Organisation de Coopération de Shanghai rassemble 45% de la population de la planète: ses membres se sont engagés sur l’intangibilité des frontières héritées de l’histoire. Ils considèrent qu’ils ont la responsabilité de construire un nouveau centre économique de rayonnement mondial.
Le vieux projet américain d’empêcher la constitution d’un centre de pouvoir en Eurasie, qui pourrait relativiser leur maîtrise des mers, est enterré; les membres de l’OCS (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirgizistan, Tadjikistan, Ouzbekistan, Inde et Pakistan) se sont entendus pour refuser la candidature d’adhésion de Washington.
Iran et Turquie aspirent à devenir membres à part entière. Il est quasi-inévitable que ces candidatures aboutissent. Et il n’est pas sûr, alors, que l’Europe trouve sa place dans le nouveau dispositif.

@Edouard Husson

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.